En 1870, Napoléon III déclare la guerre à l'Allemagne. A peine huit mois plus tard, c'est la défaite. La France est condamnée à payer des réparations. Mais le plus grave, c'est l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine à l'Allemagne en cours d'unification. Face à cette humiliation, journalistes et hommes politiques se posent des questions. Les soldats français ne se sont pas montrés très combatifs, battant en retraite dans une grande pagaille. Et les paysans des régions de combat n'ont pas montré un grand patriotisme. N'ont-ils pas préféré vendre leurs produits aux Allemands plutôt que de nourrir leurs soldats?
"Qu'est-ce qui a fait l'éducation de ces gens-là?" entend-on à l'Assemblée.
L'école est fortement remise en question. Elle doit maintenant former des citoyens prêts à défendre la patrie!

Photo de classe à Saint Sulpice la Pointe (Tarn) vers 1880
Photo de classe à Saint Sulpice la Pointe (Tarn) vers 1880

A l'origine, l'école était assurée par l'Eglise Catholique, seule religion officielle en France. Après la Révolution, l'école laïque s'est développée sans pour autant éliminer l'école catholique. Au début du 20ème siècle, la rivalité entre les écoles laïques et catholiques est très vive. Dans le village d'Elie et Florentine, pour éviter le conflit et garder l'unité de la population, une solution est adoptée: les garçons vont à l'école laïque, les filles vont à l'école catholique. Le cahier de Florentine (documents 1 à 4) montre comment la morale patriotique est enseignée dans une école catholique.
Les cartes (documents 5 et 6) sont relevées dans le livre de géographie de Florentine (Hachette 1906). La carte de France met en évidence que notre pays ne peut être beau et équilibré que si l'Alsace et la Lorraine sont Françaises. La carte situant la France dans le monde montre que notre pays est à égale distance des extrémités de la planète. La France est le centre du monde! Dans l'Antiquité, le nombril du monde ne se trouvait-il pas à Delphes, en Grèce?
Le document 7 montre comment, dans ce livre de géographie, la notion de races humaines était enseignée.
Sur le "Livre de Récitation et de Morale" (Larousse vers 1895), il est mentionné: "Ouvrage inscrit sur toutes les listes départementales et sur la liste des livres fournis gratuitement par la Ville de Paris à ses Ecoles communales". Les documents 8 à 12 montrent comment les enfants étaient préparés au sacrifice de leur vie, à la guerre pour la Patrie. Le document 13, mettant positivement en scène un roi de Perse, donne une ouverture internationale. Le document 14 donne un exemple de morale et de courage politique.
L'initiation à la connaissance de l'Armée et des problèmes militaires est illustrée par les documents 15 (Livre de Récitations) et 16 (Livre de Géographie).
Cet enseignement est complété par l'apprentissage des chants patriotiques que tous nos grand-pères nous chantaient:

"La victoire en chantant
Nous ouvre la barrière
La liberté guide nos pas
Et du Nord au midi
La trompette guerrière
A sonné l'heure, l'heure des combats.
Tremblez ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d'orgueil.
Le peuple souverain s'avance :
Tyrans descendez au cercueil.

Refrain:

La république nous appelle,
Sachons vaincre ou sachons périr;
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir.
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir."

Jusque dans les années 60, nos instituteurs, surtout les plus anciens, nous apprenaient avec une grande ferveur républicaine le chant ci-dessus, le Chant du Départ (Marie-Joseph Chénier - Etienne Nicolas Méhul - 1794).
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les théories racistes ont été remises en question. L'appel au sacrifice a été remplacé par la valorisation de la vie et du respect de la vie. Après 1968, l'apprentissage des chants patriotiques a été définitivement abandonné.


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