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 deux soldats

Une exécution au Japon

On n'a peut-être pas oublié qu'en 1859 un sujet chinois, domestique de l'agent consulaire de France à Yokohama, avait été assassiné par un officier japonais. Ce Chinois étant revêtu, au moment du meurtre, d'un costume européen, il était à présumer qu'il n'avait dû la mort qu'à une méprise de son assassin. Toutes les recherches tentées par les autorités locales pour retrouver le coupable avaient été vaines, et il était à craindre que celui-ci ne trouvât une chance d'impunité dans la disposition générale des Japonais à soustraire le meurtrier d'un étranger à la vindicte des lois.
Plus de cinq ans, en effet, s'étaient écoulés sans qu'aucun indice fût venu éclairer la justice, lorsqu'on s'empara dernièrement à Kioto, d'un rônine qui avouait avoir pris part à l'assassinat d'un étranger à Yokohama. On reconnut que ses aveux coïncidaient avec le récit fait , au moment de sa mort, par le Chinois précité, dont il était bien le meurtrier. En conséquence, ce rônine a été condamné à avoir la tête tranchée; des affiches mentionnant son crime ont été posées dans cinq des principaux endroits de Yokohama et l'exécution vient d'avoir lieu publiquement dans cette ville.
Le matin du jour fixé, le criminel fut hissé sur un cheval de somme et promené d'abord à travers la ville. Devant lui marchait une escorte de onze soldats japonais portant un drapeau et une pancarte sur lesquels sa sentence était inscrite. Deux officiers et un grand nombre d'Européens à cheval composaient l'arrière-garde. Une foule immense de gens de toutes nations se pressait dans les rues, aussi bien qu'autour de l'endroit du supplice.
Là, toute la garnison étrangère était sur pied, formant un vaste carré au milieu duquel le rônine fut amené devant un trou qui devait recevoir sa tête. L'assassin demanda d'abord qu'on ne lui bandât pas les yeux, puis il réclama que son corps fût brûlé et que ses cendres fussent ensevelies dans un lieu qu'il désigna, avec une tablette portant son nom. Alors, il s'agenouilla sur la paille, et priant l'exécuteur d'attendre encore un moment, psalmodia une assez longue litanie; puis il se disposa lui-même le plus commodément possible la tête au-dessus du trou, et fit signe à l'exécuteur qu'il pouvait accomplir son œuvre. Un coup de canon annonça aussitôt après que justice était faite, et la tête du coupable fut aussitôt emportée dans un sac de nattes pour être exposée à l'une des portes de la ville.

Francis Richard.

Au Japon, "La relation maître/serviteur revêt une telle importance qu’un samouraï sans seigneur est appelé « Ronin ». Cette situation pouvait subvenir lors du décès de leur seigneur, ou lorsque celui-ci avait commis une faute. Devenant « Ronin » le samouraï n’a plus de raison d’être, il n’appartient plus à sa classe, et est considéré comme un paria. Il se retrouve souvent démuni ou avec des moyens très modestes."

Vous trouverez ici d'autres détails sur les rônins (ou rônines, selon la transcription).

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