Kayseri est une ville moderne construite à l'extrémité du plateau anatolien, au pied d'un volcan éteint, le mont Erciyes qui culmine à 3917 mètres. Son dynamisme économique et culturel, son développement harmonieux, l'ouverture d'esprit de ses habitants et la qualité de leur accueil font de cette ville un modèle pour toute la Turquie et bien au-delà.
La ville est pourtant ancienne et bien attachée à ses traditions. La vente de "pastirma", une spécialité locale, en est un exemple. De nombreuses personnes travaillent à la réalisation de tapis ou à des productions artisanales de chaussures, casquettes,...etc.
On pense que l'endroit est habité depuis près de 6000 ans. La ville se développe dès l'époque assyrienne, puis devient une capitale hittite. A l'époque romaine, Césarée de Cappadoce est capitale de province et son volcan s'appele Argeus. Elle voit bientôt arriver les premiers chrétiens, avec leur foi toute neuve. Au 4ème siècle, Basile le Grand définit les règles de vie monastique pour les moines troglodytes de Cappadoce. Puis les Arabes, les Turcs Seldjoukides, les Mongols et les Ottomans en font une ville musulmane.
La citadelle a été construite par l'empereur Justinien au 7ème siècle, puis rénovée au 13ème et au 15ème siècles. C'est près de là - mais au Syndicat d'Initiative le fait n'est pas connu - qu'environ 600 soldats français ont été prisonniers des forces kémalistes d'octobre 1920 à septembre 1921.

Kayseri et le mont Erciyes (3917 m)
Kayseri et le mont Erciyes (3917 m)

Le 31 août 1921, les prisonniers français sont transférés à 15 km de Kayseri, à Talas, dans une église. Pourquoi? Le Service de Renseignements français note une grande agitation dans la ville de Kayseri. Mustapha Kemal a une reconnaissance particulière pour les femmes de la région.
Voici ce qu'on lit au pied du monument qui marque l'entrée du "Marché des femmes":

Photo 6 : Le Marché des Femmes (Kadinlar çarsisi)
Nous sommes ici sur un lieu sacré où les femmes turques commencèrent l'expédition des munitions vers les fronts le 17 septembre 1921. Ces femmes disaient: "Je suis la mère d'un martyr et les autres soldats sont mes fils. Je leur donne ces vêtements de la dot de mes filles comme un modeste cadeau." Ces vêtements et équipements ont été vendus et les revenus ont été dépensés pour des munitions. (1)

Photo 7
"Pour ne pas empêcher le développement des individus, de tous points de vue, particulièrement pour ne pas empêcher leurs libertés et leurs entreprises dans les domaines économiques, il est essentiel d'aller vers la démocratie."
Signature de Mustapha Kemal.

(1) Les forces turques combattaient depuis au moins 10 ans en 1921. L'armée était à bout de souffle. Mustapha Kemal ordonna les "obligations nationales". Selon ces ordres, les gens devaient donner une part de leurs armes, vêtements, biens..etc à l'armée, et chaque famille devait habiller un soldat. Ainsi, dans tout le pays, les gens ont envoyé ces objets vers le front. Le marché ci-dessus est maintenant restauré par la Municipalité de Kayseri. Les femmes y vendent encore les produits maison ou faits main.

D'après la traduction et la note en Anglais de Kadir Polat.




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