Les témoignages


Photo de voyage à Kayseri
     La citadelle de Césarée (Kayseri) et la vieille mosquée (août 2006)

Quand il évoquait sa captivité en Turquie, Elie précisait toujours qu'il avait été bien traité. Que voulait-il dire?
Pour comprendre, j'ai cherché dans les rapports et compte-rendus des soldats et officiers français qui ont vécu cette captivité avec Elie.

Le Commandant Mesnil, le plus gradé des prisonniers français, a fait partie du premier groupe de 46 prisonniers libérés dès le 25 septembre 1921, dans le cadre de l'accord d'Angora. Elie et les autres prisonniers seront libérés entre le 28 octobre et le 1er novembre. Dans sa note, datée du 20 septembre 1921 le Commandant donne quelques précisions sur les conditions de détention de ses soldats : (SHD 4H228)

A la date du 20 septembre 1921, les prisonniers français d'Anatolie étaient répartis dans les camps d'internement suivants:

     TALAS (10 km de Césarée)
          OFFICIERS: Capitaine Jousse                  )
                                Lieutenant Contrevillier      )  du 412e RI
                               Sous-Lieutenant Fourest        du 17ème RTA

          Sous officiers et hommes de troupe:      586

     NIGDE
          19 Tirailleurs indigènes
          Bozanti: 4 n'ont pu être vus au passage

Plus loin, il explique:

Malgré le manque absolu de nouvelles de leurs familles jusqu'en novembre 1920, le très mauvais état de l'habillement, la nourriture insuffisante, mal préparée et peu appétissante, le moral des hommes se maintint très bon.

Plus loin encore:

Au point de vue physique, les prisonniers restant à Talas ne sont guère en meilleure santé que ceux qui ont été rapatriés. Ils sont en grosse majorité paludéens, très anémiés, incapables d'un effort quelconque.

Pourquoi Elie disait-il qu'il avait été bien traité?
Il est vraisemblable qu'il ne voulait pas donner à ses enfants une mauvaise image des Turcs. Il avait vu la souffrance de leur pays. Tout leur peuple était sous-alimenté, ravagé par les maladies qui emportaient beaucoup d'enfants.
Le Commandant Mesnil fait par ailleurs remarquer que les prisonniers français étaient mal nourris, mais de la même manière que les soldats turcs.
De plus, Elie n'a pas été blessé, et il n'a pas eu de maladie grave, compromettant son avenir. Il est vraisemblable qu'il ait été capturé avec le gros des troupes et qu'il ait bénéficié de la protection du Commandant Mesnil. Et puis Elie avait un tempérament discret. Il n'a donc pas subi les sévices corporels dont certains prisonniers ont été victimes. Il a eu de la chance! Il a été bien traité.
Les témoignages ci-contre permettent de mieux percevoir comment les choses se passaient. C'est surtout au moment de leur capture que les prisoniers étaient vulnérables. Ce qu'ils racontent est un reflet de la mentalité d'une époque où la vie d'un individu avait peu de prix aux yeux d'un soldat, qu'il soit français ou turc!
Le récit du soldat Bourdallé aborde un sujet sensible pour des soldats en campagne loin de chez eux, c'est celui de la sépulture des soldats tombés dans les combats.



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